Débat sur l’identité nationale - 11 janvier 2010 à Château-Salins
17 janvier 2010 par olivia-chaponetPour répondre à l’invitation du Sous-Préfet de Château-Salins, je suis allée assister au débat sur l’identité nationale. Environ 120 personnes s’étaient déplacées. Beaucoup semblaient être présentes par curiosité.
D’ailleurs, une personne de l’assemblée l’a souligné : “Le débat sur le débat est bien plus intéressant que le débat lui-même” avant d’ajouter : “Les citoyens ne sont pas stupides, ils voient bien où les politiques veulent les mener.“
Face à la salle, sont présents, le Sous-Préfet de Château-Salins, Philippe Leroy (Sénateur et Président UMP du Conseil Général de la Moselle), Alain Marty (Maire de Sarrebourg et Député UMP), Roland Geis (Maire de Delme et président de la Communauté de Communes du Saulnois - classé à droite) et Gaétan Béniméddourène (Maire de Château-Salins - UMP). De l’autre coté, se retrouvent, Madame Florentin (professeur d’histoire/géographie au collège), un professeur du lycée agricole accompagné de trois lycéens.
Première remarque : nous sommes très loin de la parité !
Après la lecture de la définition des mots “identité“ et “national“, le Sous-Préfet de Château-Salins ouvre le débat. Il donne la parole à Madame Florentin. Celle-ci commence par nous informer qu’ayant été prévenue au dernier moment, elle n’a eu que très peu de temps pour organiser un débat avec les collégiens. Les lycéens prennent la parole à leur tour et déjà tous les mots relatifs à l’identité national ont été prononcés : symboles de la République (drapeau, hymne, …), laïcité, égalité homme/femme, respect, droits de l’Homme, Liberté - Egalité - Fraternité, …
Alain Marty prend la parole. Il donne une vision paternaliste de notre pays - assez déconnectée des réalités et qui fait dire hors de France que nous sommes arrogants. Il a parlé du “ message particulier que la France doit faire valoir dans le monde“, “du rôle que nous pouvons avoir à l’étranger“ et a affirmé que “Le monde est en attente des messages humanistes de la France.“
Ensuite, Philippe Leroy nous a longuement parlé de l’histoire de la Moselle et de l’identité européenne.
Madame Florentin reprend la parole pour regretter que les élites n’incarnent pas plus les valeurs de la République. (Applaudissements dans la salle)
Philippe Leroy répond : “On a les élites qu’on peut.“ - “Ne critiquons pas les élus.“ - “Nous avons les élites qui nous ressemblent et même le Président de la République nous ressemble.“ avant de finir “Quand on critique nos élites, nous nous critiquons nous-même.“ - “Nous sommes tous responsables.“
Pour clore ce débat qui semble l’irriter, Philippe Leroy lance à la salle : “Toutes les personnes présentes ce soir sont, elles aussi, des élites.“
Une personne de l’assemblée : “Il y a de nombreuses personnes sans papier, qui travaillent en France et qui veulent être Français. Pourquoi ce n’est pas possible pour la plupart d’entre eux ?
Intervention du Sous-Préfet : ce n’est pas le débat !
Une autre personne : “Peut-on parler d’identité nationale sans parler d’immigration ? N’y a t-il pas un risque de dérapage ?“
Réponse du Sous-Préfet : Nous n’avons pas à lier identité nationale et immigration.
Visiblement il faut tout faire pour éviter ce terrain glissant. Je soupçonne une bonne moitié de la salle d’être venue pour être témoin de ces dérapages.
Malgré ces précautions, des dérapages, il y en a eu : “Les gens quand ils vivent en France, ils vivent comme des français et pas comme chez eux !“ ou “Dans certains coins, on se demande si on est encore en France.“
Une question est restée sous-jacente : Pourquoi un débat sur ce thème ?
D’ailleurs, une personne a demandé : “Pourquoi ce débat ? Je ne me suis jamais posé de question au sujet de l’identité nationale. C’est évident. C’est une question de respect en général.“
Une autre personne dit : “On parle pour ne rien dire.“
Bien entendu, les élus ont cherché à légitimer ce débat en parlant “mondialisation“ et “identité au sein de l’Europe“.
Un débat intéressant sur “la cohésion sociale en période de crise économique“ aurait été possible à partir des commentaires faits par la salle : “Quand on manque de travail, il n’y a pas de lien social. Quand il y a du travail pour tous, on ne se pose pas la question.“ et “On traverse plutôt une crise économique qu’identitaire“ - mais ce n’était pas le débat… dommage !
La droite s’est visiblement piégée elle-même avec ce débat. D’ailleurs, Philippe Leroy, l’a reconnu en marge des discutions. Alors que je lui demandais où pouvait concrètement mener ce débat et surtout quelles en étaient les finalités. Il m’a répondu : “Si la gauche avait été à notre place, nous (la droite) lui serions tombés dessus. On en aurait profité.“
Sans commentaire…
En conclusion, et sans surprise, ce débat a été stérile. Les français veulent bien débattre mais de sujets qui les préoccupent au quotidien.
C’est encore une occasion ratée d’avoir un dialogue constructif avec nos concitoyens !
Olivia Chaponet
Secrétaire de la section du Saulnois
